l'Exode de Juin 1940
La terrible migration forcée de la population française en Juin 1940 restera gravée pour longtemps dans nos mémoires collectives.Les fulgurants progrés des forces allemandes jettent sur les routes de France des millions de civils.
l'Exode vue par des témoignages
Louis Ferdinand Céline à Orléans.
L'écrivain décrit la panique et le chaos ambiants dans son style si particulier.:
" C'est le grand chaos...Toute la rue qui s'éffondre ay bord de l'eau...c'est Orléans qui s'écroule et le tonnerre au grand cafè!(....)Le fier pont,douze arches, titube, cultube au limon d'un seul coup!la boue du fleuve tout éclabousse!....brasse,gradouille la cohue qui hurle,étouffe,débordeau parapet! ca va très mal....
Notre bouzinz cane,grelotte, engagée travioleau montoir entre trois camions déporte,hoquête,elle est morte!Moulin fourbue!Depuis Colombes qu'elle nous previent, qu'elle en peut plus! de cent malaises asthmatiques...Elle est née pour les petits services...pas pour les chasse à courre d'enfer!...Toute la foule râle à nos trousses qu'on avance pas..qu'on est calamité pourrie!...c'est une idèe
C'est la sarabande des frayeurs, la foirepar dessous les tonnerres à la rampette dislocation!C'est l'homme caoutchoucqui triomphe! ah vive le scèlèrat cosmique,le lilli célibataire sans scrupules à la bicyclette tire-bouchon,le mufle cuirassé".
John Charles Rowley 19 ans
Il décrit l'Exode de sa famille le 23,24,25,Juin.Il fera contresigné son texte par tous les occupants civils, et militaires de la voiture qui l'avait mené de Paris jusqu'à Châteauroux.
"Nous avançons très lentement mais ce dont nous souffrons le plus est la chaleur causée par les moteurs qui tournent.L'odeur des gaz d'essence est extrèmement désagréable et nous suffoque.Nous pouvons nous échapper par un détour,mais nous sommes ramenés sur la grande route.Les voitures prennent toutes la place et l'encombrement est causé par la rencontre d'une file montante assez importante.La nuit tombe et la marche est rendue encore plus difficile.Si l'arrêt se prolonge,papa descend et marche en avant.
Dans l'après midi du Vendredi nous partons tous pour Montergis.La route semble facile, mais nous allons bientôt déchanter.En effet au pont de de Vulaine ,et nous aurons des ponts dans notre voyage, quatre soldats demandent si ils peuvent monter sur le marchepieds pour un petit bout de chemin.Nous acceptons et nous voilà partis avec cette charge supplémentaire.Mais à Fontainebleau deux autres viennent se joindre à notre smalha dont un gendarme.Ils partent,emmenant leurs affaires et du champagne.Ils sont tous du Midi, n'ont pas volè leur réputation.Après cette violente diatribe contre les Marseillais, je reprends le fil de mes idées.
Nous reprenons la route avec deux soldats sur chaque marchepieds, un sur la malle arrière et un autre pérchè comme un oiseau sur l'avant du capot....Naturellement tous les 80 mètres,les militaires racontent à qui veux bien les entendreleurs doléances, et leurs misères.
Nous avançons lentement, maischaque mètre nous rapproche de notre but.Achaque soubressaut, les bouteilles s'entrechoquent et finalement une bouteille de bon vin casse et tache le siège arrière,augmentant ainsi la colère de maman contre les gens du Midi".
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