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"Officiers, sous-officiers, caporaux et soldats,
Pendant ces jours de deuil, le 43e CA est resté solide comme un roc au milieu d'une mer démontée.
Le 12 Juin, obéissant des ordres supérieurs, il quittait malgré lui le ferme appui de la forteresse et entamait presque sans équipages la dure retraite. Pied à pied il se disputait à l'ennemi le sol français.
Le 18 juin, il faisait front à Gondrexange à Rantzwiller sur le canal de la Marne au Rhin, sans se laisser entamer, il y tenait ferme tout un jour contre un ennemi nombreux dont il brisait l'élan au prix de lourdes pertes, le 37e RIF s'y couvrait de gloire. Le 19, obligé de souder son mouvement au recul général des autre corps, il se retirait à son tour.
Peu à peu, au prix de prodiges à travers un pays occupé, les éléments épars qu'il avait dû laisser sur le front de la Forteresse le ralliait.
Le 20 et le 21, il faisait front définitivement à la lisière des Vosges et l'élan des divisions ennemis se brisait sur son rempart sourd aux bruits d'armistice qui peu à peu gagnaient la consistance, défendant sans espoir une cause où tout était perdu sauf l'honneur, privé de toutes relations avec les armées voisines et avec les ressources du pays, réduit aux seules munitions, aux seuls approvisionnements que par des prodiges d'ingéniosité, d'activité, son État-major recueillait dans les dépôts épars et oubliés, luttant pour x nuits sans sommeil avec des troupes arrivées à l'extrême limite de l'effort humain, il a tenu bon, encerclé par 16 divisions allemandes, jusqu'à épuisement de ses ressources et de ses munitions.
Son chef a refusé de l'associer à la capitulation des 3e, 5e et 8e Armées. Le 43e corps a tenu deux jours de plus.
Il a obtenu des conditions qui, en accordant aux officiers leurs armes et leurs bagages, en laissant la troupe aux ordres de ses officiers était un témoignage de la reconnaissance par le commandement Allemand de la valeur de notre résistance et de l'ordre qui régnait au 43e CA.
Le 43e CA a succombé aux armes, c'est un symbole, il a tenu jusqu'au 24 juin le dernier coin de la terre d'Alsace, le point le plus septentrional du front français, il a tiré là-haut son dernier coup de canon.
Restez fiers. Restez confiants. Restez fidèles les uns aux autres, les jours de deuil auront leur fin."
Général de division Lescanne, commandant le 43e Corps d'Armée.

La situation de la Grande- Bretagne paraît désèspèrée ,le IIIe Reich triomphe sur toute la ligne, ce 18 juin. C'est avec éclat ce même jour que le Général lance aux officiers, soldats et ingénieurs dans la soirée sur les ondes de la BBC sa rébéllion officielle.Il affirme dans son appel que "la France a perdu la bataille mais la France n'a pas perdu la guerre" .Son but est qu'ils le rejoignent pour poursuivre la guerre contre l' Allemagne.
" l'espérance doit elle disparaitre, la défaite est elle définitive?Non! (....) les mêmes moyens qui nous ont vaincus peuvent faire venir un jour la victoire.Car la France n'est pas seule! Elle a un vaste empire derrière elle.Elle peut faire bloc avec l'Empire britannique qui tient la mer et continue la lutte, Elle peut comme l'Angleterre,utiliser sans limites l'immense industrie des Etats-Unis.
(....) Cette guerre n'est pas tranchée par la bataille de la France.Cette guerre est une guerre mondiale.(...)Quoiqu'il arrive, la flamme de la résistance française ne doit pas s'éteindre et elle ne s'éteindra pas."
l'appel du 18 Juin,?

Le 18, De Gaulle reste en contact permanent avec Churchill et le cabinet britannique. Il voudrait lancer un appel à poursuivre le combat. A partir de sources britanniques,
Que c'est il vraiment passé cette journée à Londres ? " Le gouvernement anglais se divise profondément sur l’attitude à adopter vis-à-vis de la France, comme sur la continuation même de la guerre contre l’Allemagne, pour le moins mal engagée... Le ministre des Affaires étrangères Edward Halifax est fermement opposé à cette démarche (du Général de Gaulle), et paraît longtemps en mesure de l’emporter sur le premier ministre Churchill, qui n’en fait précisément pas une affaire d’Etat. Le cabinet britannique, réuni le 18 à 12h 30, met carrément son veto, en l’absence il est vrai de Churchill. Du coup la discussion, en ordre dispersé, rebondit dans l’après-midi. Au terme de ces tractations, si de Gaulle parle, c’est après avoir dû amender son texte à plusieurs reprises. Mais la discussion reprend dans la nuit... Le texte connu de l’appel est donc un faux, certes animé des meilleures intentions."
Le général De Gaulle a-t-il prononcé son fameux "discours" sur les antennes de la BBC le 18 juin 1940 ? Jusqu’à preuve du contraire, non. Comme l’argumente François Delpla, il a dû écrire un texte, sans cesse corrigé en fonction de demandes de ses interlocuteurs britanniques, mais il ne l’a pas lu à la radio et rien n’en fait un texte public
Contrairement à une idée répandue, le général de Gaulle a bien enregistré à la BBC son appel aux Français, le 18 juin vers 18 heures, sans doute sur un disque de cire. L’allocution n’a en effet été diffusée qu’à 22 heures le 18 juin et rediffusée plusieurs fois le lendemain. Simplement, le disque n’a pas été conservé…
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