La chute d’un géant : le naufrage de l’USS Lexington (CV-2)
Au printemps 1942, la guerre du Pacifique est encore incertaine. Quelques mois seulement après Pearl Harbor, la marine américaine tente d’endiguer l’expansion japonaise dans le Pacifique Sud. L’objectif de Tokyo est clair : s’emparer de Port Moresby, en Nouvelle-Guinée, afin de menacer directement l’Australie. Pour empêcher cette avancée, la flotte américaine engage deux de ses porte-avions : l’USS Lexington (CV-2) et l’USS Yorktown.
Les 7 et 8 mai 1942, les deux flottes s’affrontent lors de la bataille de la mer de Corail, premier combat naval de l’histoire où les navires ennemis ne se voient jamais directement. Tout se joue dans les airs. Les escadrilles de bombardiers en piqué et de torpilleurs décollent des porte-avions pour frapper l’ennemi à plusieurs centaines de kilomètres. Le Lexington, l’un des plus grands porte-avions américains de l’époque, lance ses appareils contre les forces japonaises et participe notamment à la destruction du porte-avions léger Shōhō.
Mais le 8 mai, la riposte japonaise frappe durement. Des bombardiers en piqué et des avions torpilleurs attaquent le Lexington. Le navire encaisse deux torpilles et plusieurs bombes, provoquant incendies et dégâts importants. Malgré cela, les équipes de contrôle des avaries parviennent d’abord à stabiliser la situation. Pendant plusieurs heures, l’équipage lutte pour sauver le bâtiment.
La situation se détériore brutalement dans l’après-midi lorsque des explosions internes de vapeurs d’essence d’aviation ravagent le navire. Les incendies deviennent incontrôlables et se propagent dans les hangars et les ponts inférieurs. Comprenant que le porte-avions ne peut plus être sauvé, le commandement ordonne l’évacuation. Dans une manœuvre remarquablement disciplinée, plus de 2 700 marins sont recueillis par les destroyers d’escorte.
Pour éviter que le navire ne tombe aux mains de l’ennemi, le destroyer USS Phelps reçoit l’ordre de l’achever. Dans la soirée du 8 mai 1942, plusieurs torpilles sont tirées contre le géant en flammes. L’USS Lexington disparaît lentement sous les eaux de la mer de Corail.
La perte du Lexington est un choc pour la marine américaine, mais la bataille de la mer de Corail constitue néanmoins une victoire stratégique alliée : l’invasion japonaise de Port Moresby est stoppée. Surtout, cette bataille affaiblit les forces aéronavales japonaises avant l’affrontement décisif qui aura lieu un mois plus tard à Midway.
Ainsi disparaît l’un des premiers grands porte-avions américains de la guerre, symbole d’une marine en pleine transformation, où désormais la puissance se joue moins dans les canons des cuirassés que dans les escadrilles lancées depuis les ponts des porte-avion
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