Seconde guerre  Résistance Française les hommes de l'ombre

Simone et Marie Alizon

 

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Fille d'hôteliers rennais, Simone Alizon est née le 24 février 1925. Avec sa sœur aînée Marie, née le 9 mai 1921, elle s’engage très tôt dans la Résistance au sein du réseau breton Johnny, exécutant des missions de renseignement, cachant des personnes recherchées par la Gestapo dans le sous-sol de l'hôtel familial, ou transmettant des courriers. Mais le groupe, infiltré par l’Abwehr en février 1942, est décimé : Marie est arrêtée chez elle le 13 mars, emprisonnée à la Tour pointue de Rennes, puis transférée à Paris, à la section des femmes du quartier allemand de la prison de la Santé. Quelques jours plus tard, c’est au tour de Simone, qui n’a pas voulu s’éloigner de sa mère mourante, de suivre le même chemin. Transférées à Fresnes puis à Romainville, les jeunes filles sont déportées vers Auschwitz le 24 janvier 1943, par le convoi dit des « 31 000 ». Simone Alizon n’a pas encore 18 ans. Sa sœur Marie décède au camp à 22 ans, le 4 juin 1943. Quant à Simone Alizon, elle est transférée à Ravensbrück au début de 1944 et rapatriée à l’été 1945 après avoir été soignée en Suède. Après la guerre, elle épouse l’un des fondateurs du réseau Johnny, Jean Le Roux. Marquée par les séquelles de la déportation et le deuil de son aînée, elle livre en 1996 le récit de son expérience concentrationnaire, sous le titre L’exercice de vivre. Simone Alizon est décédée le 24 juillet 2013.

Simone savait se rendre invisible pour échapper au regard des kapos et des SS, et elle avait (et a gardé toute sa vie), la faculté extraordinaire de s’échapper de la réalité présente par la simple pensée… Mais la raison la plus évidente est que pour Simone, qui aimait sa sœur plus que tout, il était absolument impératif de témoigner des circonstances exactes de la mort de Marie, de l’horreur absolue des camps… et pour cela il fallait vivre, exercice tellement difficile dans l’univers concentrationnaire, mais aussi au retour des camps ; mais exercice absolument indispensable pour prendre à témoin les générations à venir. Puisse cette rue signifier ainsi aux jeunes générations à venir qu’il n’y a pas d’âge pour savoir quel est le juste combat à mener…

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